miniature
Métier du Carrelage

Lors de la séance plénière du 26 juin 2017, la Région Nouvelle-Aquitaine a réaffirmé sa volonté de relever le défi de l’orientation, de la formation et de l’emploi en mobilisant ses partenaires autour d’un plan d’actions ambitieux. Objectifs : augmenter le niveau de qualification, faciliter l’accès à l’emploi, favoriser une insertion professionnelle durable et répondre aux besoins d’emploi et de formation des entreprises.

Etat des lieux en région

Il est reconnu que les formations longues et qualifiantes favorisent un parcours professionnel réussi et sécurisé. Mais l’accès à ces formations et à l’emploi n’est pas une garantie pour tous. La Région Nouvelle-Aquitaine constate sur son territoire de forts contrastes dans la répartition et l’évolution de l’emploi, malgré une démographie dynamique et une meilleure résistance à la crise. Fin avril 2017, on compte 292 800 néo-aquitains inscrits à Pôle Emploi (catégorie A), dont 41 410 jeunes de moins de 25 ans et 78 770 demandeurs d’emploi de 50 ans ou plus.

Par ailleurs, le diplôme peut préserver les salariés ou demandeurs d’emploi du chômage. Aujourd’hui, les jeunes non diplômés ont quatre fois plus de risque d’être au chômage que les diplômés de l’enseignement supérieur. En Nouvelle-Aquitaine, 55% des demandeurs d’emploi sont au mieux détenteurs d’un niveau V (niveau de formation équivalent au CAP ou au brevet), tandis que 14% d’entre eux sont peu ou pas diplômés (Source Pôle Emploi).
Et 10,4% des jeunes néo-aquitains de 18 à 24 ans sont sortis du système scolaire avec au mieux le brevet (indicateur européen « Europe 2020 »).

La répartition des emplois sur le territoire représente également un enjeu majeur pour notre grande région : 25% de la population et 38% des emplois se concentrent sur seulement 1,5% du territoire régional. Les emplois se situent essentiellement sur le littoral (moindre dépendance aux groupes étrangers, potentiel touristique) où la démographie y est dynamique mais le niveau de chômage reste élevé car l’attractivité est supérieure aux capacités d’embauche durable (emplois saisonniers, emplois des conjoints). D’autres zones géographiques sont touchées par le vieillissement de la population, la taille modeste des entreprises ou une conjoncture internationale moins favorable.

Et enfin, il est souvent constaté que les métiers et les compétences sont encore insuffisamment adaptés aux besoins des entreprises. En Nouvelle-Aquitaine, une étude de Pôle Emploi montre que 191 700 projets de recrutement sont envisagés en 2017, la moitié en emplois saisonniers. Cette étude démontre également que plus d’un tiers des projets de recrutement est jugé difficile à pourvoir par les entreprises : les métiers de la construction et des services (aides à domicile et aides ménagères notamment) sont les domaines qui rencontrent le plus de difficultés à recruter.

La Région Nouvelle-Aquitaine et ses partenaires se basent donc sur ces constats pour construire la feuille de route de l’orientation, de la formation professionnelle et de l’emploi.

Une feuille de route ambitieuse

La politique régionale en matière d’orientation, de formation professionnelle et d’emploi est construite autour de 4 objectifs majeurs :

1/ Garantir l’égalité d’accès à la formation et à l’emploi
S’orienter lors de sa formation initiale ou tout au long de son parcours professionnel est souvent une question de choix. La Région entend aider chacun à faire des choix éclairés et ainsi créer les meilleurs conditions de formation et d’emploi possibles par :

  • le déploiement d’une offre de service lisible : découverte et promotion des métiers (expositions, coups de projecteurs, ateliers « à toi de jouer », « Route des métiers » un projet de parcours d’orientation), mise en place d’un nouveau réseau de lieux d’accueil du public pour l’orientation et l’emploi, ouverts à tous, en horaires décalés, rassemblant l’ensemble des partenaires et proposant un ensemble d’animations (ateliers CV, job dating, zooms métiers…), création d’une plate-forme numérique (conseils en ligne, tests d’intérêts, guides interactifs sur l’offre de formation…), organisation de manifestations, forums et salons ;
  • une coordination des acteurs de l’orientation autour d’actions concrètes : l’objectif est d’améliorer la connaissance des métiers, des secteurs professionnels, des formations et des enjeux économiques. Il convient donc d’organiser au plus près des habitants et des entreprises un accompagnement de l’évolution professionnelle. Comment ? Par des actions de soutien à la réussite des jeunes (bourses de stages, lutte contre l’échec scolaire, stage de découverte en fin de 2nde), l’implication des entreprises dans le processus d’orientation (accueil de stagiaires, actions dans les collèges et lycées), le déploiement du conseil en évolution professionnelle (CEP : conseil et accompagnement gratuit des actifs), la professionnalisation des acteurs du secteur ;
  • le rapprochement des demandeurs d’emploi et des entreprises : 29 actions conjointes entre la Région et Pôle Emploi dont la mise en place de sessions « Lab », déploiement d’actions innovantes type job dating sur toutes les filières de formation, développement du Service numérique de l’emploi (rapprochement des sortants de formation aux offres d’emploi, invitation aux ateliers CV…).

2/ Réinventer l’offre de formation pour une meilleure qualification
En France, certains jeunes et demandeurs d’emploi rencontrent des difficultés d’insertion dans l’emploi souvent dues à un manque de connaissance de base (écriture, lecture, calcul,…). Les jeunes et les moins qualifiés sont également les plus touchés par des périodes de chômage de plus en plus fréquentes ou encore des contrats de courte durée.

La Région s’engage donc pour que tous ceux qui ne sont pas suffisamment qualifiés obtiennent au moins un niveau V sur une qualification non obsolète. Elle travaille également pour que les personnes déjà qualifiées acquièrent de nouveaux savoirs.

Pour atteindre ces objectifs, la Région propose de :

  • revisiter l’offre de formation professionnelle continue grâce à une offre collective renouvelée, au développement du dispositif d’aides individuelles pour les demandeurs d’emploi qui souhaitent faire une formation hors formations collectives, au développement de compétences en entreprises par l’accompagnement des plans de formation des salariés et de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (Repetto a par exemple permis à ses salariés peu ou pas qualifiés d’acquérir un savoir-faire unique dans les métiers du cuir et du luxe : le « cousu retourné »), à la simplification de l’accès aux formations (par exemple, les demandeur d’emploi pourront s’inscrire directement aux séances d’information collectives) ;
  • soutenir fortement l’innovation pédagogique pour expérimenter des initiatives innovantes, comme la formation à distance avec des outils participatifs, la formation en ligne type MOOC ou la visio-formation, l’acquisition de nouvelles compétences facilitée pour les personnes éloignées de l’emploi, le développement de nouvelles méthodes pédagogiques (par exemple, l’accès à des salles de formation virtuelle favorise l’accessibilité à la formation, évite les déplacements, contribue à l’autonomie…), la mutualisation des plateaux techniques des lycées professionnels, des CFA et des organismes de formation (comme la plate-forme bâtiment de Sarlat utilisée à la fois par les apprentis, les salariés et les demandeurs d’emploi en formation), le soutien à l’entrepreneuriat avec la création de « junior entreprises », le développement de pôles d’excellence de formation comme le Pôle de formation aux métiers du cuir et du luxe de Thiviers qui allie formation des salariés et formation des demandeurs d’emploi pour mieux répondre aux besoins des entreprises.

3/ Equilibrer les territoires
La Nouvelle-Aquitaine est une grande région, composée de territoires riches et diversifiés. La Région doit donc adapter ses politiques à la réalité du terrain, tout en étant très attentive aux territoires les plus fragiles. Pour une raison d’équité des territoires en matière d’orientation, de formation et d’emploi, la Région mettra en place :

  • des mesures spécifiques dans les territoires vulnérables : elle apportera son soutien aux initiatives territoriales avec l’appel à projets « initiatives territoriales » et augmentera sa participation financière aux forums et salons emploi formation (le plafond pourrait passer de 5 000 € à 7 500 €). Elle accompagnera les structures d’accueil, d’information et d’accompagnement des demandeurs d’emploi par des subventions plus importantes ou des équipements spécifiques… ; 
  • un soutien aux initiatives locales : des formations qualifiantes délocalisées seront conçues sur mesure et en fonction des besoins des publics et des entreprises, le dispositif « Chantier Formation Qualification Nouvelle-Aquitaine » sera étendue à tout le territoire et la Région utilisera les lycées pour promouvoir la culture scientifique, technique et scientifique et pour faire venir les entreprises sur le territoire régional ; 
  • une représentation régionale sur le terrain : les agents de la Région présents sur tout le territoire seront garants du déploiement de l’action régionale et seront particulièrement au service des territoires vulnérables. Des Comités de territoire pourraient voir le jour pour permettre une meilleure construction et préparation des projets locaux.

4/ Définir les métiers et les compétences de demain
Les outils d’observation et de prospective sur les métiers et les formations existent déjà mais nécessitent d’être partagés pour mieux anticiper les mutations économiques et technologiques et ainsi mieux définir et programmer les formations. La Région souhaite donc disposer d’une observation régionale harmonisée et partagée :

  • en créant un nouveau CARIF – OREF : le Centre d’Animation, de Ressources et d’Information sur la Formation – Observatoire Régional Emploi Formation a un rôle important en matière d’orientation puisqu’il diffuse les informations sur les métiers. Les Assises des CARIF – OREF du 3 mai dernier, première étape de la fusion, ont permis d’établir les grands axes de travail du nouveau CARIF-OREF : information, observation, professionnalisation des acteurs, appui et expertise auprès de la Région. Un « lab innovation » sera ainsi créé, associant les usagers à la conception des outils ;
  • en consultant de manière revisitée les branches professionnelles : la mobilisation des acteurs et notamment des branches professionnelles sera renouvelée à travers une nouvelle forme de contractualisation pour traiter de l’évolution des besoins en compétences et de l’adaptation des cartes de formations, de l’orientation et de l’attractivité des métiers ;
  • en pratiquant une meilleure gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) au niveau des territoires : la GPEC, à l’échelle d’un territoire ou d’une entreprise, détermine les actions à mettre en place à court et moyen terme pour faire face aux évolutions d’effectifs, tout en répondant aux besoins (formation, reconversion, plan de recrutement…). La Région proposera une politique de GPEC à l’échelle régionale et déclinée dans les territoires et les entreprises. 

Une ambition régionale concertée et partagée

Dans sa politique en faveur de l’orientation, de la formation professionnelle et de l’emploi, la Région réaffirme sa volonté de travailler en concertation. Cette année, plusieurs chantiers permettront d’obtenir un diagnostic partagé de la relation emploi-formation. La Région a donc entamé sa démarche de concertation des acteurs dans le cadre du Comité Régional pour l’Emploi, la Formation et l’Orientation Professionnelle (CREFOP) : élaboration d’une stratégie coordonnée entre l’Etat et la Région en matière d’emploi, d’orientation et de formation professionnelle (SCEOFP) pour décliner les engagements communs entre l’Etat et la Région ; construction du Contrat de Plan Régional de Développement de l’Orientation et de la Formation Professionnelle (CPRDFOP) : en lien avec le SRDEII et le Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET), la Région réaffirme son rôle de coordonnateur et d’autorité organisatrice. Le CPRDFOP 2017 – 2021 vise à effectuer l’analyse des besoins en matière d’emplois, de compétences et de qualifications et à organiser la programmation des actions de formation professionnelle des jeunes et des adultes au regard des territoires.